Accueil » Interview de Bénédicte Laroze LL.M. – Collaboratrice scientifique du WP6
Le projet ASIMUTE est un projet de recherche européen multidisciplinaire qui rassemble des femmes et des hommes d’horizons divers. Leurs parcours est différent mais toutes ces personnes sont engagées pour faire avancer la recherche. Découvrons qui elles sont ainsi que leurs motivations à travers une série de mini portraits.
Pour cette sixième interview, Bénédicte Laroze, collaboratrice scientifique du WP6, nous explique l’impact de ses convictions personnelles dans son parcours et son travail.
Question 1 : Quel est votre parcours personnel ? Qu’est-ce qui vous a amené à embrasser une carrière scientifique ?
Une harmonisation [juridique] demeure nécessaire pour permettre la création de modèles [d'autoconsommation collective] véritablement transfrontaliers...
B. Laroze : La transition énergétique comporte de nombreuses dimensions qui vont bien au-delà d’un simple changement de technologies. Elle est bien sûr indispensable pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et, par conséquent, limiter le réchauffement climatique. Or, les impacts de ce dernier sont particulièrement sévères dans les pays en développement, confrontés à des phénomènes climatiques de plus en plus extrêmes et fréquents, qui touchent des populations déjà plus vulnérables que celles des pays riches.
Si l’on se place toutefois à une échelle plus locale, dans la zone géographique concernée par les projets que j’ai suivis — Allemagne, France et Suisse — les effets du réchauffement climatique se traduisent notamment par des épisodes caniculaires de plus en plus fréquents. Ces fortes chaleurs touchent en premier lieu les personnes les plus vulnérables sur le plan socio-économique : les personnes sans domicile, les ménages à faibles revenus qui ne peuvent pas financer des travaux de rénovation énergétique, ou encore les locataires de « passoires thermiques ». Dans ce contexte, les politiques de rénovation des bâtiments constituent un enjeu social majeur, car elles visent à réduire ces inégalités face aux conditions de vie et aux risques sanitaires.
Cependant, mieux isoler les bâtiments ne suffit pas. La transition énergétique implique également une transformation des modes de production de l’énergie. Or, les énergies renouvelables nécessitent de nouvelles infrastructures. Si le solaire bénéficie d’un consensus relativement large, ce n’est pas toujours le cas de l’éolien, qui peut susciter des oppositions locales. C’est pourquoi des dispositifs comme les communautés d’énergie citoyennes, encouragées par l’Union européenne, sont particulièrement intéressants : ils permettent aux citoyens de participer financièrement aux installations de production d’énergie renouvelable et de bénéficier à la fois de l’énergie produite et des retombées économiques. Au-delà de l’amélioration de l’acceptabilité sociale des projets, ces modèles favorisent une meilleure répartition de la valeur créée.
Le projet ASIMUTE illustre particulièrement bien ce lien entre transition énergétique et justice sociale. Il vise à optimiser à la fois la production et la consommation d’électricité, tout en promouvant le rôle des « prosumers » — des citoyens à la fois producteurs et consommateurs d’énergie — plutôt que de s’appuyer uniquement sur les opérateurs historiques. Ce modèle renforce l’autonomie énergétique locale et permet aux habitants de devenir de véritables acteurs de la transition.
De même, le projet Modellregion Agri-PV Baden-Württemberg, qui étudie la pertinence et la faisabilité des installations agrivoltaïques, représente à mes yeux un autre exemple fort du lien entre transition énergétique et justice sociale. En plaçant les agriculteurs au cœur de la production d’énergie, il ouvre des possibilités de diversification de leurs revenus. Au regard des mobilisations agricoles récentes et de la précarité dans laquelle certains exploitants se trouvent, notamment face aux effets du dérèglement climatique, il s’agit d’un levier potentiel pour renforcer leur résilience économique et leur donner une part plus équitable des bénéfices liés à la transition. Néanmoins, afin d’éviter les dérives, il est essentiel que cette technologie soit encadrée de manière à bénéficier en priorité aux exploitants et aux acteurs locaux, et non à de grands investisseurs extérieurs.
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